Minimaliste? Minimalisme? Qu’est ce que c’est?

chambre minimaliste
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Minimaliste? Minimalisme? Qu’est ce que c’est?

Bonjour à tous et bienvenue sur le premier article de mon Blog dédié au mode de vie Minimaliste.

Avant de commencer à vous parler de moi et de ma relation avec le minimalisme il serait intéressant de faire une petite introduction sur le mouvement Minimaliste, encore relativement méconnu en France, à savoir qu’est-ce c’est et qu’est-ce qu’on entend par Minimalisme aujourd’hui ?

En vous souhaitant une agréable lecture.



Vous avez dit Minimalisme?

Si vous posez la question à vos parents ou proches aujourd’hui qu’est-ce que le mouvement Minimaliste, il y a de fortes chances qu’ils aient en tête des farfelus extrêmes sortis tout droit des reportages d’Arte. Des personnes vivants recluses en pleine crise existentielle ou encore, des pingres grippe-sou calculant le moindre centime dépensé en en faisant le moins possible.
Les passionnés d’art quant à eux vous parlerons du mouvement visuel artistique apparu au début de de la seconde moitié du vingtième siècle aux États-Unis.

Pour vous donner un exemple me concernant, la première fois que j’ai parlé à mon père de mon intérêt croissant pour le minimalisme sa première réponse enjouée fut : C’est de passer trop de temps dans les mini capsules hôtels de Tokyo qui t’a monté à la tête ?

Sa vision du minimalisme se résumait à vivre de manière sommaire, dans un endroit très restreint avec le strict minimum. Une espèce de sacrifice quotidien, de pratique ascétique sans tout le confort que nous offre le monde moderne.

Si ces préjugés peuvent prêter à sourire, ils n’en restent pas moins infondés. En effet la pratique du minimalisme, dans son étymologie Minimal tend vers « le plus petit ».

Aujourd’hui, si le mouvement aspire à la simplification de nombreux aspects de nos vies, il n’en est pas pour autant simple de le définir.
De nombreuses personnes réduisent le mouvement Minimaliste à une quantification du nombre de possessions que vous avez chez vous.

Si vous êtes quelqu’un avec moins de 100 objets, que vous vivez de manière frugale dans une pièce dénuée de toute fournitures et accessoires superflus ; Félicitation vous avez officiellement gagné votre badge de minimaliste.

Bien entendu, il n’en est rien.

Pour parler franchement, le minimalisme n’est pas simple à définir car il n’y a pas une définition unique du Minimalisme. Bien plus qu’un concept quantitatif, il s’agit d’un état d’esprit, une philosophie qui touche à tous les aspects de nos vies. Aussi bien au travail, à l’argent, les relations sociales, les hobbies, notre manière de consommer et plus généralement nos aspirations de vies.



Le fondement du Minimalisme: Questionner le Statu Quo

Pour comprendre le mouvement Minimaliste aujourd’hui, il faut avant tout s’interroger afin de savoir d’où puisse t’il ses origines?

Laissons de côté l’aspect esthétique développé part des artistes comme Frank Stella et ses tableaux noirs à la fin des années 50 pour nous pencher sur le mouvement social et idéologique de ses dernières années.

Minimalisme dans l'art
Stella, Frank. The Marriage of Reason and Squalor, II.

Le développement de l’idéologie Minimalisme est avant tout dûe, selon moi, à une remise en question du statu quo.

C’est un mouvement contestataire. Une prise de conscience individuelle et collective, proposant une alternative aux dérives de la société de surconsommation actuelle.

Revenons quelques années en arrière et rappelez-vous ce que vos parents et votre entourage vous disiez quand vous étiez plus jeune. Travaille dur à l’école et fait de grandes études. Tu auras ainsi un bon travail où tu gagneras beaucoup d’argent. Tu pourras ainsi t’acheter une belle voiture et une grande maison. Comme si la finalité de nos vies se mesurait en possession matériel.

Un example plus frappant encore, le 13 février 2009, sur le plateau de France 2, Jacques Séguela grand mania de la publicité en France affirmait avec conviction cette phrase qui restera surement dans les mémoires:

“Si à 50 ans on n’a pas de Rolex, on a quand même raté sa vie.”

Jacques Seguela

Preuve encore de l’importance des possessions comme marqueur de réussite social dans notre société.

Aujourd’hui beaucoup d’entre nous se retrouvent accomplis au sens social du terme. Un travail de cadre dans une grande entreprise, un salaire plus que décent, un pouvoir d’achat confortable autrement dit la situation rêvée sur le papier. Et pourtant, beaucoup se retrouvent en réalités insatisfaits, malheureux, accompagnés d’un sentiment de vide dans leur vie.
Ils ont atteint l’objectif qu’on leur a tant répeté depuis toujours.
Ils ont la belle montre, les vêtements de marques, la voiture de sport et pour autant il ne se sentent pas accomplis sur le plan individuel. Pris dans un espèce de cercle vicieux à vouloir toujours plus. C’est un discours commun que l’on retrouve beaucoup chez l’avant garde des minimalistes connus qui portent ce mouvement idéologique aujourd’hui. La pluspart étant passé par des situations similaires. Postes à responsabilités et haut revenu dans de gros groupes, sentiment d’insatisfaction vis à vis de leur vie. Remise en question du système et des valeurs actuelles.

Cette situation n’est pas propre uniquement aux cadres et haut revenus. Le sentiment general d’insatisfaction et le mouvement Minimaliste est d’autant percutant chez les personnes au revenu minimum ou la pression sociale et le désir de consommer toujours plus est tout aussi grand.


Une remise en cause de la société de surconsommation

Dans une société de surconsommation, ou le mot d’ordre et l’objectif final sont acheter, acheter et acheter toujours plus. Où la personne moyenne est exposée à 5000 publicités par jour (imaginez-vous !). Où le modèle économique a atteint ses limites aussi bien sur le plan social qu’environnemental. Beaucoup s’interrogent et se demandent si finalement, le statu quo est en adéquation avec leurs valeurs, leurs aspirations et l’empreinte qu’ils veulent laisser sur cette terre.

C’est de ce constat que le mouvement Minimaliste est né. Prônant le rejet des idées et des excès de cette société d’ultra consommation où possession égal joie. Où l’accomplissement d’un individu passe par la matérialité avec le pouvoir d’achat comme unique levier d’accéder au bonheur.

C’est une remise en cause de l’équation: Travailler plus, pour gagner plus, pour consommer plus.

Le Minimaliste se pose la question ; et si au final Moins équivaudrait a Mieux?
Où comme la bien si bien résumé l’architecte Ludwig Mies van der Rohe :

Less Is More.

Minimalisme:  "Less is more" - Ludwig Mies van der ...
Less is More. Et si Moins equivaudrait à Plus?

Une approche plus intentionnelle de la vie

Aujourd’hui le minimalisme gagne un regain d’intérêt grâce à une avant-garde de personnalités clés comme le duo Joshua Fields Millburn & Ryan Nicodemus, les réalistaeurs du documentaire Minimalism: A documentary about the important things sur Netflix.
De l’auteur Fumio Sasaki auteur du très célèbre livre Goodbye, things. Leo Babuata, auteur du blog Zen Habits ou bien encore Marie Kondo la reine du rangement.
Ils ont tous su mettre en avant et promouvoir une approche du minimalisme qui leur est propre

Bien que chacun ayant sa propre définition on retrouve des points clés :

  • Posséder moins de choses pour se focaliser sur l’essentiel.
  • Vivre et consommer plus intentionnellement.
  • Se concentrer sur les choses de la vie que nous estimons le plus et nous apportent le plus de joie et de bonheur.
  • Réduire les distractions et nuisances qui ne sont pas nécessaires à l’accomplissement de nos objectifs personnels.

Pour moi le Minimalisme se résume de manière très générale à:

« Sortir du superflu pour laisser place aux choses essentielles qui font le plus de sens dans notre vie. »

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